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ROULLEAU Yves

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Les tribulations d'un vonvon en Chine

Chez le vonvon, tout est bon.
5月31日

Nuit Blanche a Shanghai

Preambule
 
 
Recemment, tous les etudiants d'Audencia de Shanghai a ete contacte par Nicolas, un journaliste de Nantes 7 (oui c'est sur c'est pas TF1 mais bon) pour faire un reportage sur...NOUS (Hahaha). Il accompagnait un  artiste tunisien Lassaad qui est apparemment tres connu dans le monde de l'art. Nous sommes alles au restaurant, nous avons parle de nos differentes experiences et Lassaad a commence a nous faire un speech de fou sur l'amour. Il est parti tres loin, tres vite et j'ai eu du mal a le suivre mais bon..vraiment un personnage tres interessant, tres...artiste! Apres le repas? Bah...du classique: interview sur Nanjing Road, rien de bien passionant...
Ah oui...pendant le repas, Nicolas nous a donne des invitations pour la premiere Nuit Blanche d'Asie qui se deroule en meme temps que le Millionaire Fair. Ca va etre fou je pense, je vous en parle bientot. Au programme, Lassaad bien sur mais aussi du jazz, Louis Bertignac...ca risque d'etre enorme.
 
 
Bon... Je ne vais pas y aller par quatre chemins: la soiree etait moisie mais pas a moitie, completement nulle! L'organisation sino-francaise etait risible, la soiree a commener avec une heure de retard. On a d'abord eu droit a un chant traditionnel tibetain qui aurait pu etre tres beau si les reglages des micros avaient ete corrects, pour enchainer sur une heure avec un jazzman asthmatique...ATROCE! Meme pas moyen de prendre un verre parce que tout etait payant et cher (oubli malencontreux du porte-feuille). Bref, a 1h00, n'en pouvant plus, je rentre a l'apart'. Soiree de merde, pas d'autre mot.
 
Pas moyen de finir le week-end la dessus! Nous repartons a l'assaut du "bonbon" le samedi soir! La meilleure boite open-bar de shanghai.
Seulement en arrivant...stupeur (et tremblement). Apres cinq minutes et deux bieres, nous nous trouvons assaillis a notre tour par de jeunes filles lascives et d'autant plus consentantes que l'alcool coule a flot. Ce n'est pas tant que nous ne soyons pas coutumier du  fait (beaucoup de negations hein! ) mais d'habitude, j'ai au moins le temps de prendre une troisieme biere! Le podium sur lequel je passe une grande partie de ma soiree est plein a craquer, un coup de fesse malencontreux et HOP, un chinois qui jarte et qui s'eclate sur le sol(je vous assure que c'est drole, surtout quand il croit que c'est a cause de l'americain qui etait juste a cote de lui). Ma solidarite franco-francaise me pousse a sortir manu militari un francais completement saoul qui etait a deux doigts, voire meme a un doitg et demi de se faire defoncer par les vigiles du Bonbon, a cote de qui je me sens tres tres tres fragile. Je l'empoigne par derriere, je le pousse devant moi, il se debat le bougre, je le laisse s'asoir sur l'escalier, il se loupe et roule jusqu'en bas...vraiment mort, je le ramasse, il se debat encore et me met un coup de tete dans le ne. Ca fait mal CONNARD! Un instant, je pense ceder a la tentation de le remonter, juste comme ca, pour tester le sens de l'humour des videurs chinois (tres developpe comme chacun sait). Mais finalement non, ma bonhomie et ma jovialite coutumiere reprennent le dessus et apres une petite tape sur le crane, je m'eloigne, laissant le triste sire a son sort. Je retourne dans la boite, avec la fierte beate de l'occidentale conquerant, qui s'achete une conscience de bon aloi a peu de frais, grace a une bonne action...contestable finalement. Je ne sais pas si c'est la pleine lune ou quoi mais cette soiree a ete un orgie, un monstrueux moment de debauche ou nous nous sommes vautres allegrement dans la plus devoyee des luxures en laissant libre cours aux plus lubriques de nos perversites, limites seulement par notre imagination (fertile, incroyable tout ce qu'on peut faire avec un tire-bouchon) et notre capacite physique (je dis nous parce que on fait tout ensemble avec Quentin...oui, tout). Bref, une soiree sympa entre nouveaux amis.
 
Maman, si un jour tu lis ce billet, sache qu'une partie au moins en est une fiction. Ce n'est pas la peine de venir me voir, enfin previens au moins.
 
 
3月22日

Negoce, Negociation, Acharnement

La negotiation en Chine.

 

La négociation est plus qu’une façon de faire des achats ici, c’est a la fois un mode de vie, un sport, une lutte ou chaque yuan s’arrache au prix d’un effort violent, d’une patience sans borne et d’ habiles feintes. Voila ci-dessous ma premiere "affaire", c'est-a-dire en fait, le prix chinois pour les chinois.

 

A part dans les grands magasins et les aliments, a peu près tout se négocie en Chine. La règle est de diviser par trois ou quatre le prix donne, trois au minimum mais cela peut monter a six dans les cas extremes.

 

Ma première vraie acquisition s’est faite a Qipu Lu (Tchi pou lou), la rue des centres commerciaux de la contrefaçon (oups, un pull Ralph Lauren par-ci, une chemise Armani par-la…une paire de puma, etc.). Tommy, mon premier coloc m’ emmène dans un magasin ou je voulais acheter un portefeuille (Armani, un vrai bien sur). Je me dirige négligemment vers la « boutique » (ces centres commerciaux se composent en fait dune multitude de petites échoppes), l’air de rien, genre « je ne veux rien acheter mais on ne sait jamais ». Je regarde a l’intérieur, c’est une vendeuse, tant mieux…Je remet mes cheveux en arrière, je prend un chewing gum, dernier coup d’œil dans un miroir, (ma constance me rassure), je suis prêt !! J’entre d’un pas ferme mais l’air flâneur (mon talent d’acteur est alors a son paroxysme). Elle me regarde, je la regarde, nous échangeons un de ces regards de muet défi, la partie de séduction a commence : moi, pour avoir le prix le plus bas possible, elle le plus haut.

 

Je lance le jeu : « Wallet ? », elle sourit intérieurement certes, mais je le vois, ses yeux brides s’élargissent et pétillent d’avarice « un pigeon occidental, je vais le défoncer ! ». Je relève le défi et lui sourit l’air de dire « tu ne m’auras pas », elle me rend un sourire,...feint, insolent. Je commence à bouillir devant l’impertinence de la demoiselle, puis je me calme, la tempérance et la maîtrise de soi sont essentielles. Je me reprend, inspire profondément tandis que la garce étale devant moi un large choix de portefeuille Hugo Boss, Lacoste, Mont Blanc,…mais seulement deux Armani…Le choix est restreint, cela ne me plait pas pcq je ne peux pas négocier beaucoup sur la marque, l’un des deux me plait beaucoup. Surtout, ne pas le laisser apparaître sinon, je suis fini. Je prend d’abord une horreur esthétique des plus manifestes, un truc hideux, je la vois jubiler « enfin, je vais pouvoir refourguer cette merde », mais je le repose en riant, lui lançant un implicite « tu n’as que ça ? ». La chinoise me comprend fort bien, elle me dit d’attendre, et revient avec trois modèles en plus. Je les regarde, un par un, longuement…attendant juste qu’elle se fatigue un peu…J’adore ça ! J’ai pris l’ascendant. Je prend celui qui me plait, le retourne, l’examine, fais une moue dubitative, le repose, le reprend puis commence : « Duo shao qian ? » (douo chao tchiene=combien ca coûte), la vraie partie a commence, le round d’observation vient de finir, c’est maintenant qu’il va falloir tout donner, s’accrocher de toute ses forces : mon budget mensuel contre la rapacité vénale surdimensionnée de la bridée.

 

Elle me répond 280 yuans, je la regarde quasi enerve – quasi amuse, limite gaussant : « stop joking, I want only one wallet not all ». Elle me repond « this is the real price but as you are my friend, it is only 240 ». Je pouffe.  “240, you want me to buy your shop?”. La, vient l’instant déterminant, celui dont dépend le succès de la négociation : l’instant ou elle me tend la calculatrice et me dit « Tell me your price ». Si tu dis un prix trop bas, elle remballe tout et si tu dis un prix trop haut, c’est dommage pour toi, l’ecriteau « pigeon » ornera ton front. Mon orgueil reprend alors le dessus, je tape d’une main ferme après avoir hésite 50 yuans. Elle regarde et c’est a son tour de s’exclaffer et de dire « stop joking ». Elle tape à son tour 190 sur la calculatrice. D’un superbe hochement de tête, je manifeste ma désapprobation et exécute alors ma feinte favorite, je fais mine de partir. Si la vendeuse me retient, c’est bon, sinon le deal est mort…Je me tourne, fais un pas, puis deux quand une main me saisit le bras. Je remporte la premiere manche j’esquisse le sourire intérieur du vainqueur et me dirige, conquérant vers la table des portefeuilles. Je lui refait ma proposition, surtout ne pas lacher. Elle me fait sa contre-proposition : 110 yuan, je tiens bon mais la faire baisser plus va être dur.

 

C’est le moment de ma concession, je lui tape 60 sur sa calculatrice. Elle me lance le regard reconnaissant du commerçant rasserene envers le client compatissant (en l’occurrence moi).

Cependant, elle n’a pas renonce. Elle me tape 105 yuan, vient le combat yuan par yuan…C’est alors que ma dernière carte est lancée : Tommy arrive et hurle discrètement : « Viens, ils en ont des moins chers et mieux a cote » (dans un anglais approximatif que mon amour de la langue de Shakespeare m’empêche de retranscrire ici, il est a noter que je différencie ici les anglais, qui eux sont insupportables, de l’anglais). Viens le final grandiose, le mot libérateur qui me remplit de fierté, la parole extatique qui fait de moi le vainqueur et elle la vaincue (enfin, pcq j’ai derouille quand même avant quand j'essayais de negocier, ils m’ont un peu fait raquer) : OK !

 

J’étouffe a grand peine un hurlement. J’ai réussi ! Mon portefeuille Armani ! 60 yuans (6 euros).

 

Je commence à aimer ce pays…Je me sens puissant ! Je vais aller voir des chinoises…

3月13日

Impressions empire du milieu

Pour ceux a qui j'ai envoye ce qui suit en mail, vous constaterez quelques  menues modifications qui enleve un peu de saveur au texte mais qui me permet de passer outre la censure maternelle et d'eviter les inevitables reproches qui suivraient. Merci donc de penser a ma tranquilite. Afin que vous saisissiez le sens original et/ou laissiez libre cours a votre imagination, j'ai tout de meme mis en rouge certaines de ces modif'.(des omissions indispensables ont ete realisees aussi).

Petite precision: Kant = Quentin, mon coloc en ce moment, acteur et transformiste a ses heures, vous avez pu peut-etre l'admirer en perruque et moustache en 118.

  Pour toi lecteur,

Je suis donc arrive le…28 ou 29 janvier a Pudong International Airport, mon premier contact avec la population chinoise ft un douanier, et bien le croiras-tu mais ils sont aussi cons ici qu’en France, enfin passons. Je sors de l’aeroport, errant deseperement a la recherche d’un moyen de transport qd tout a coup, un cri salvateur “Taxi?” qui , deja me remplit l’ame d’une sympathie toute ephemere mais neanmoins reelle, envers un petit chinois (mais adulte) qui vient de prononcer ce mot liberateur. “Ah le brave autochtone me dis-je, l’aimable indigene”, j’aquiesce et le suis. Et bien le croiras-tu, mais il n’etait pas du tout chauffeur de taxi mais un intermediaire qui te menait aux taxi (qui etait au niveau superieur) contre bien entendu remuneration. Un “Ah l’enfoire”  sonore m’echappe fortuitement, c’est ca qui est bien d’etre a l’etranger. Je paye bon gre mais surtout mal gre cet enflure de nain et je prend le taxi.

 

Je pense que je n’oublierai jamais cette premiere decouverte de la conduite chinoise. Le chauffeur me fait decouvrir la specialite locale: le franchissement de ligne blanche sans clignotant alors qu’il y a une voiture a cote a 120 miles a l’heure, le freinage brutale qui me fait bouffer l’appui-tete...Bref, la sueur commence a coule dans mon dos tandis que ma main s’incruste dans mon genou. 45 min plus tard, nous arrivons...entier. je decouvre alors Tommy mon coloc pour un mois (ensuite je change pour aller avec kant). Tres tres sympa, en deux jours, je vois pleins de choses, j’en prend plein le vue, je repere les grands centres commerciaux de contrefacon – je negocie un portefeuille Armani 60 yuan (6 euro) alors ke le prix de depart etait 280 yuans, un intense sentiment de fierte et de p[uissance gonfle ma glabre poitrine. Bref, c’est le pied, je mange chinois enfin j’essaye pcq avec les baguettes je m’en met partout mais j’adore.

 

Je decouvre avec emotion et excitation que les francais ont tres bonne reputation ici: francais = romantique, c’est super, les chinoises raffolent des francais, ca m’arrange. Je goute a la specialite locale: le bao zi (ne me demande pas ce ke c, je ne sais pas).

 

Le nvel an chinois etait completement fou: imagine des petards (ils appellent ca petards, en france on appellerait ca baton de dynamite) de 21h a 11h le lendemain matin sans interruption, vers minuit, impossible de parler a son voisin dans l’appartement fenetre fermee sans hurler. IMPRESSIONNANT, au moins autant que la connerie des chinois qui font des feux d’artifice prives sous les lignes electrique, enfin bon ils ne sont pas tres aides parfois. Il est vrai que vers 6-7h du mat’, tu sens poindre une legere lassitude, qui coincide curieusement avec une forte envie de mettre un coup de tete qd tu entend un petard eclater dvt ta fenetre, je le confesse en rougissant.

 

Dernierement, avec Kant, je suis alle a Hangzhou, petite ville (4 millions d’habitants) a 2h de train de Shanghai. J’ai teste le train chinois. L’experience etant encore douloureuse pour moi, je ne m’etendrai pas plus avant sur le sujet.

 

J’ai donc emmenage dimanche avec Kant. J’ai chasse l’occupante allemande pour liberer l’appart’!!! Vive le general! Du coup, je vis avec kant et 2 suisses, Nathalie et Yannick, son copain. Nalthalie est tout sauf neutre, elle est vraiment rigolote. Yannick est un pince sans rire avec qui je sens que je vais m’entendre (ou alors il va me mettre un coup de tete dans pas longtemps pcq j’arrete pas de me fiche de sa tete)

La derniere idee lumineuse que nous ayons eu avec Kant est d’acheter un velo, ce que nous fimes, a un vendeur qui parlait allemand, c’etait le premier chinois que je voyais qui parlait allemand, bien en plus le con. Le velo a Shanghai: un autre moyen de froler la mort! Ils sont trop cons les chinois, aussi bien les voitures que les autres, ils regardent jamais avant de tourner, se rabattant comme des porcs, changent de file n’importe comment... mais bon, au moins je suis tres concentre sur ma conduite, ma capacite d’evitement et mon aptitude au slalom s’est bien developpe sous l’effet de l’instinct de survie.

 
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